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Ce restaurant berlinois écrit une nouvelle histoire d’intégration

Ce restaurant berlinois écrit une nouvelle histoire d’intégration

Durant l’année 2015, le journaliste Andreas Tölke offrit à 400 inconnus de partager son pied à terre berlinois. Bien que cette idée puisse paraître incongrue pour la plupart, c’est la manière qu’a trouvé Andreas d’aider durant une des plus récentes crise d’Europe : les personnes à qui il a offert un abri étaient des réfugiés de Syrie. Il dirige aujourd'hui le restaurant Kreuzberger Himmel à Berlin. Un projet dédié à la formation et à l’embauche de réfugiés (en tant que chefs, serveurs et gérants de restaurant) pour leur donner un pouce sur le marché du travail allemand. Nous avons rendu visite à Andreas et à son bulldog français, Herr Müller, pour parler de la création d’un espace où les gens peuvent se rencontrer, manger et partager leurs histoires.

Pourquoi monter un restaurant géré par des réfugiés ?

Beaucoup trop souvent, j'ai vu à quel point il était difficile pour les personnes venant en Allemagne de trouver un emploi ou de commencer une formation. Et j'ai pensé que cela ne devrait pas être si difficile. L'équipe et moi-même avons donc imaginé un lieu où les habitants et les réfugiés pourraient se réunir. Les réfugiés rencontrent souvent d'abord les Allemands en tant qu'administrateurs, et les Allemands connaissent surtout les réfugiés de la télévision. Les faire se rencontrer et manger de la bonne nourriture dans un espace agréable, telle était la mission.

La mise en œuvre s’est-elle passée comme prévu ?

Ce fut infernal. Nous étions complètement naïfs et nous avons soudainement dû traiter avec des inspecteurs du commerce, des agents de protection de l'environnement, le département de l'hygiène, etc. Mais nous avons bénéficié d’un soutien sensationnel dans le monde de la gastronomie. Heureusement, les périodes stressantes ont été courtes.

En quoi Kreuzberger Himmel est-il différent des autres projets d’intégration ?

Tout d’abord, chaque initiative et chaque bénévole qui soutient les réfugiés a mon plus grand respect. Mais avec le temps, nous avons constaté que les personnes qui arrivent à Berlin sont tout simplement dépassées. Accablées par les lettres des autorités, jour après jour. Dans cette association, dont le restaurant est vraiment la vitrine, nous les soutenons. Chaque question, chaque formulaire à remplir, chaque problème, nous sommes là. Et nous n’avons qu’une règle : nous ne tolérons ni la violence ni la discrimination. « Vous n'avez pas besoin de tout comprendre, mais ne commentez pas la façon dont nous nous habillons ou qui nous aimons. Acceptez notre liberté,  ce qui est finalement quelque chose que vous souhaitez pour vous-même. »

Est-ce que la conception de l’espace le prend en compte ?

Notre architecte d'intérieur a voulu créer un espace contemporain mais pas exagérément design. Les grandes tables étaient particulièrement importantes. L'idée derrière cela était le partage. Nous réunissons des étrangers et avons souvent constaté que c’est ainsi que les conversations commençaient. Nos invités s'amusent beaucoup ensemble. Donc, le concept fonctionne.

Qui crée le menu ?

Notre chef s’appelle Othman. Il vient de Syrie où il manageait une équipe de 32 employés dans un restaurant haut de gamme. Il décide du menu et n’est jamais en manque de nouvelles idées. C’est notre colonne vertébrale. Layali, venue d’Iran, l’assiste. On trouve ensuite Ala, qui s’occupe de la pâtisserie et des desserts. Et Bakri, un avocat d’Alepp, qui gère la cuisine.

Et qui sont vos convives ?

Tout le monde. Le vieux monsieur d'à côté, la scène artistique et mode de Mitte, beaucoup d'étrangers, parfois venant des universités. « Tout le monde » peut paraître très standard comme réponse mais c’est la réalité. Ici, des gens qui normalement ne se serait jamais rencontrés s’assoit à la même table, un rêve !

Quel rôle joue l’emplacement dans le succès du restaurant ?

Kreuzberg a toujours été l'essence de Berlin. Des start-ups branchées à une scène artistique alternative, des clubs branchés aux meilleurs restaurants, cet endroit a tout pour plaire. Kreuzberg nous convient et nous convenons à Kreuzberg

Démarrer un restaurant est une chose, mais avez-vous une idée de la façon dont nous pouvons tous nous impliquer davantage dans la vie quotidienne ?

Ce qui aide, c'est l'ouverture d'esprit, le fait d'être impartial. Et si vous souhaitez participer, il existe des initiatives qui aident les réfugiés dans presque toutes les villes, je me ferai un plaisir de vous les présenter. À Berlin, nous avons besoin de soutien lorsque nous traitons avec les autorités, d’invitations à la socialisation et de personnes pouvant apporter leur aide pour des cours d’allemand. Et bien sûr, nous sommes toujours heureux de recevoir des dons !

Auteur de l'article: Lisa Wenske
Photographe: Anna Cor

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